
Situé sur une butte offrant un panorama sur la plaine de France,
le château d'Écouen, dans l'actuel Val-d'Oise, fut construit à partir de 1538 par le Connétable de France,
Anne de Montmorency. Pour le bâtir, Montmorency fit raser la forteresse médiévale qui se dressait auparavant sur le site.
L'architecture du château témoigne de la puissance et des ambitions d'Anne de Montmorency, qui fut un grand ami des Rois
François Ier et
Henri II. A la fois militaire et passionné d'art, il découvrit les Palais transalpins lors des guerres d'Italie et souhaita s'en inspirer pour bâtir sa demeure d'Écouen. Héritier de l'importante fortune de la Maison de Montmorency et bénéficiaire des faveurs royales, il put bâtir cet important monument.
Le plan d'origine, dû à un architecte inconnu, en 1538, est un quadrilatère flanqué de quatre pavillons d'angle. En 1547, Anne de Montmorency fit appel à
Jean Bullant pour achever l'aile Nord et construire le portique de l'aile Sud qui devait abriter les deux sculptures de
Michel-Ange, l'Esclave mourant et l'Esclave rebelle, que le roi Henri II venait de lui offrir. Jean Bullant était à l'époque un architecte très renommé qui conçut également l'église Saint-Accuel d'Écouen, le Palais des Tuileries, l'Hôtel de la Reine... Il aurait été enterré à Écouen, et aujourd'hui le collège de la ville porte encore son nom.

Anne de Montmorency fera également appel aux plus éminents artistes européens de l'époque comme
Jean Goujon,
Bernard Palissy ou encore
Masseot Abaquesne. Avec ses vitraux, sculptures, pavements, lambris, peintures, marbres, orfèvreries, tapisseries, poteries, émaux et fontes, la construction du château fera appel à tous les arts, avec une claire volonté de luxe. Le château est achevé en 1750. Écouen devient rapidement le lieu de villégiature favoris du roi Henri II à qui une aile entière de la demeure est réservée. Le Roi y séjourne souvent. Il promulguera dans ce lieu le cruel
Édit d'Écouen, prélude aux guerres de religion, ordonna de tuer sans procès les protestants fauteurs de trouble. Henri II meurt quelques mois après, et les guerres commencent. Anne de Montmorency, toujours Connétable, est tué pendant la bataille de Saint-Denis alors qu'il commandait l'armée royale.
Après l'exécution d'
Henri II de Montmorency, petit-fils d'Anne, qui avait organisé une rébellion contre le
Cardinal Richelieu, en 1632, la branche aînée des Montmorency s'éteint.
Louis XIII confisque le château, puis le donne à Charlotte d'Angoulême. Sa descendance légua le domaine à la famille des Condé, qui possédait notamment le château de Chantilly. C'est alors que le parc actuel fut dessiné par
Jules Hardouin-Mansart. L'aile ouest fut détruite en 1797 par les Condé, faisant disparaître de nombreuses fresques et œuvres d'art, dont une partie fut retrouvée dans la forêt ou dans la ville.
Avec la Révolution française, le château est confisqué. Il sert tout à tour d'hôpital, de prison militaire et de lieu de réunion d'un club patriotique. En 1805,
Napoléon y ouvre une maison d'éducation de la Légion d'honneur, accueillant les filles de personnalités s'étant vues décorées. Deux ans plus tard, une nouvelle aile, plus basse, est construite pour remplacer celle qui avait été mise à terre.

A la Restauration, Louis XVIII restitue le château aux Condé qui ne l'entretinrent presque pas jusqu'en 1850, date à laquelle Louis Napoléon Bonaparte décidé d'y implanter de nouveau la maison d'éducation. Elle restera à Écouen plus d'un siècle, jusqu'en 1962.
Au cours du XIXe siècle, la Fontaine Hortense est élevée dans le parc du château par
Eugène de Beauharnais.
En 1862, le château d'Écouen apparaît dans la liste des Monuments historiques. Le domaine est entièrement classé en 2007. À Écouen, l'église Saint-Acceul et la Forêt sont également classés.