samedi 7 janvier 2012

Incube et succube

    Les lucarnes jumelles au centre de la façade sont encadrées chacunes de démons: pour la lucarne aux armes du Connétable Anne de Montmorency, il s'agit de succubes et pour la lucarne aux armes de Madeleine de Savoie ce sont des incubes
   Voici le cheminement du remplacement des deux têtes en vis-à-vis








Anciennes restaurations en ciment gris








Croquis








Propositions de restitution en terre





Pose de la pierre neuve








Sculpture








Vieillissement et patine

mardi 6 décembre 2011

Bouchons de pierre

Suivant les décisions les blocs de pierre ont été commandés au tailleur de pierre. Le choix de la nature de cette pierre a été déterminée par celle d'origine, ici de la Saint-Leu d'Esserent commune voisine d'Ecouen. Les blocs ont été posés, collés et goujonnés après avoir purgé les supports et préparé la surface de collage.



dimanche 18 septembre 2011

Constat sanitaire

 Un état sanitaire a été réalisé sur l'ensemble des lucarnes pour définir clairement les éléments lacunaires,
les fissures et les désordres liés souvent à la corrosion des goujons en fer censés retenir les blocs et les
restaurations antérieures réalisées avec du ciment gris. De ce constat, diverses propositions de restauration
ont été faite à l'architecte (remplacer systématiquement les blocs fissurés ou les consolider par des goujons
et des collages, conserver les compléments en ciment, déterminer si tous les éléments disparus doivent être
restituer...). Le choix des restaurations a été vu lucarne par lucarne, point par point.



lundi 18 juillet 2011

La façade sud

  Cette tranche de travaux comprend la réalisation de tous les travaux de sculpture à exécuter pour la restauration des lucarnes Sud.
  Ces lucarnes ont subi une campagne de restauration où des ragréages en mortier blanc et en ciment ont été posés pour combler les lacunes.
  Les parties hautes sont composées d'un fronton de pignon à angles rentrants et rampants incurvés, au centre, armes du Connétable Anne de Montmorency (vestige du collier de l'ordre de Saint-Michel) ou aux armes de Madeleine de Savoie (vestige de cordelière), dans l'ensemble très endommagées et au-dessus, un fronton triangulaire souvent sommé d'un vase fleuri et volutes ou d'un petit entablement au décor de drapé, figurant des postes et soutenant un fronton incurvé. Pour les lucarnes du pavillon sud-ouest des édicules flanqués de pilastres doriques avec au centre les armes du Connétable Anne de Montmorency ou de Madeleine de Savoie et au-dessus un fronton triangulaire.
  L'entablement est à ressaut, sans motifs.
  Les parties latérales s'agencent autour de deux contreforts en volutes, amorties d'un médaillon figurant un motif végétal ou d'un masque, surmonté d'une cassolette de quatre volutes à gousses (deux grandes, deux petites) en appui sur les rampants ou de deux contreforts triangulaires moulurés, amortis de vases fleuris pour les lucarnes du pavillon sud-ouest
  Les parties basses sont de simples baies encadrées de pilastres doriques ou ioniques, ou de deux contreforts triangulaires moulurés, amortis de vases fleuris pour les lucarnes du pavillon sud-ouest.

dimanche 17 juillet 2011

Historique du château

  Situé sur une butte offrant un panorama sur la plaine de France, le château d'Écouen, dans l'actuel Val-d'Oise, fut construit à partir de 1538 par le Connétable de France, Anne de Montmorency. Pour le bâtir, Montmorency fit raser la forteresse médiévale qui se dressait auparavant sur le site.
  L'architecture du château témoigne de la puissance et des ambitions d'Anne de Montmorency, qui fut un grand ami des Rois François Ier et Henri II. A la fois militaire et passionné d'art, il découvrit les Palais transalpins lors des guerres d'Italie et souhaita s'en inspirer pour bâtir sa demeure d'Écouen. Héritier de l'importante fortune de la Maison de Montmorency et bénéficiaire des faveurs royales, il put bâtir cet important monument.

  Le plan d'origine, dû à un architecte inconnu, en 1538, est un quadrilatère flanqué de quatre pavillons d'angle. En 1547, Anne de Montmorency fit appel à Jean Bullant pour achever l'aile Nord et construire le portique de l'aile Sud qui devait abriter les deux sculptures de Michel-Ange, l'Esclave mourant et l'Esclave rebelle, que le roi Henri II venait de lui offrir. Jean Bullant était à l'époque un architecte très renommé qui conçut également l'église Saint-Accuel d'Écouen, le Palais des Tuileries, l'Hôtel de la Reine... Il aurait été enterré à Écouen, et aujourd'hui le collège de la ville porte encore son nom.

  Anne de Montmorency fera également appel aux plus éminents artistes européens de l'époque comme Jean Goujon, Bernard Palissy ou encore Masseot Abaquesne. Avec ses vitraux, sculptures, pavements, lambris, peintures, marbres, orfèvreries, tapisseries, poteries, émaux et fontes, la construction du château fera appel à tous les arts, avec une claire volonté de luxe. Le château est achevé en 1750. Écouen devient rapidement le lieu de villégiature favoris du roi Henri II à qui une aile entière de la demeure est réservée. Le Roi y séjourne souvent. Il promulguera dans ce lieu le cruel Édit d'Écouen, prélude aux guerres de religion, ordonna de tuer sans procès les protestants fauteurs de trouble. Henri II meurt quelques mois après, et les guerres commencent. Anne de Montmorency, toujours Connétable, est tué pendant la bataille de Saint-Denis alors qu'il commandait l'armée royale.

  Après l'exécution d'Henri II de Montmorency, petit-fils d'Anne, qui avait organisé une rébellion contre le Cardinal Richelieu, en 1632, la branche aînée des Montmorency s'éteint. Louis XIII confisque le château, puis le donne à Charlotte d'Angoulême. Sa descendance légua le domaine à la famille des Condé, qui possédait notamment le château de Chantilly. C'est alors que le parc actuel fut dessiné par Jules Hardouin-Mansart. L'aile ouest fut détruite en 1797 par les Condé, faisant disparaître de nombreuses fresques et œuvres d'art, dont une partie fut retrouvée dans la forêt ou dans la ville.
  Avec la Révolution française, le château est confisqué. Il sert tout à tour d'hôpital, de prison militaire et de lieu de réunion d'un club patriotique. En 1805, Napoléon y ouvre une maison d'éducation de la Légion d'honneur, accueillant les filles de personnalités s'étant vues décorées. Deux ans plus tard, une nouvelle aile, plus basse, est construite pour remplacer celle qui avait été mise à terre.
  A la Restauration, Louis XVIII restitue le château aux Condé qui ne l'entretinrent presque pas jusqu'en 1850, date à laquelle Louis Napoléon Bonaparte décidé d'y implanter de nouveau la maison d'éducation. Elle restera à Écouen plus d'un siècle, jusqu'en 1962.
  Au cours du XIXe siècle, la Fontaine Hortense est élevée dans le parc du château par Eugène de Beauharnais.
  En 1862, le château d'Écouen apparaît dans la liste des Monuments historiques. Le domaine est entièrement classé en 2007. À Écouen, l'église Saint-Acceul et la Forêt sont également classés.